Face à la grippe H1N1 : du leadership politique, pas du triage !

Publié le par DoC

Dans un entretien exclusif accordé le 30 août au quotidien Le Monde, la directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan, a exprimé une fois de plus son inquiétude sur le manque de préparation face à la pandémie de grippe H1N1.

D’abord, constate-t-elle, bien que le virus ne provoque pas de maladie sévère chez la plupart des gens, il se répand très facilement car quasiment personne n’est immunisé contre lui.

Par conséquent, le virus voyage à une vitesse incroyable. En six semaines, « il parcourt la même distance que d’autres virus en six mois ! » Le nombre de personnes infectées est aussi sans précédent. « Jusqu’à 30% des habitants des pays à forte densité de population risquent d’être infectés. »

Mme Chan s’inquiète ensuite de la nature des décès : « 60% des décès surviennent chez des personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents. Ce qui signifie que 40% des décès concernent des jeunes adultes – en bonne santé – qui meurent en cinq à sept jours d’une pneumonie virale. C’est le fait le plus préoccupant. Soigner ces patients est très lourd et difficile. »

« Dans beaucoup de pays, les services d’urgence et de soins intensifs sont extrêmement sollicités, voire surchargés. Dans notre monde de 6,8 milliards d’habitants, que se passera-t-il si l’infection touche 20% à 30% de la population ? Qu’arrivera-t-il si la maladie devenait plus sévère sans que nous y soyons préparés ? Beaucoup de ressources seront consommées au détriment des malades touchés par le cancer, les maladies cardiovasculaires… »

Pour éviter cela, dit Mme Chan, il sera « nécessaire de réunir des ressources supplémentaires. Il ne faut pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. Tout gouvernement responsable doit se préparer au pire, et espérer le meilleur. »

Pour conclure, la directrice générale de l’OMS souligne que « nous avons besoin de leadership politique, de bons plans de lutte contre la maladie, d’une bonne coordination et d’une bonne mise en œuvre. Cela ne relève pas des seuls ministres de la santé. Certaines interventions ont de fortes implications économiques et sociales, par exemple la fermeture des écoles
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